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Electricité : quand la demande explose, les prix montent. Pourquoi ?

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Electricité : quand la demande explose, les prix montent. Pourquoi ?

Le plafond ARENH sera de nouveau largement dépassé en 2020, et pour cause : tous les fournisseurs alternatifs se ruent sur l’électricité produite par EDF. Comment en est-on arrivé là ? Quelles sont les conséquences sur les prix ? Et quelles mesures sont envisagées pour éviter ce problème ?

Réponse en quatre points.

1- Décryptage : que signifie « dépasser le plafond ARENH » ?

 

L’ARENH – comme « Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique » – est un mécanisme réglementaire français. Il oblige EDF à vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents. Une partie c’est-à-dire précisément : un quart de sa production, soit 100 THW.

Officiellement donc, EDF ne peut pas vendre davantage que cette part-là de sa production.

C’est le gouvernement qui a instauré ce plafond de 100 TWh. C’est l’arrêté du 28 avril 2011, qui fixait dans la loi : « le volume global maximal d’électricité devant être cédé par Electricité de France au titre de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique ».

Depuis, tout fournisseur qui le souhaite peut accéder à un certain volume de production d’électricité nucléaire, et les prix sont déterminés en amont pour qu’EDF puisse au moins rentrer dans ses frais. Actuellement, le prix de cette électricité est de 42 euro/MWh. A titre de comparaison, le prix des marchés est actuellement à environ 47 euro/MWh.

2- Explications : en 2020, que se passe-t-il avec l’ARENH ?

 

La réponse est finalement assez simple. Pour la 2e année consécutive, les fournisseurs alternatifs ont commandé plus que les 100THw réglementaires !

Au total, les 73 fournisseurs d’énergie concurrents d’EDF ont demandé à acheter 147 TWh d’électricité nucléaire au tarif ARENH. Soit beaucoup plus que les 100 TWh autorisés.

Et pour cause : le marché de la concurrence s’est ouvert, et progressivement, les consommateurs jouent aussi le jeu.

Résultat : les fournisseurs alternatifs gagnent des parts de marché, et ont par conséquent des besoins grandissants. S’ils veulent satisfaire une demande qui augmente, ils doivent augmenter la part qu’ils sont en mesure de livrer.

Logique, oui, mais ça va un peu trop vite par rapport à la réglementation française, et ce sont, au bilan, les prix, qui, par ricochets vont augmenter !

Selon la loi, les concurrents d’EDF vont en effet devoir se contenter d’un volume correspondant à 68% de leur demande ; et le reste, ils devront le combler en s’approvisionnant sur les marchés de gros. Des marchés, plus chers.

3- Conséquences : quelles répercussions sur vos factures ?

 

Vous l’aurez compris, pour les particuliers comme pour les entreprises, une augmentation du prix de l’électricité est bel et bien à prévoir.

Comme les fournisseurs commandent plus que le plafond autorisé, la situation se tend pour eux, ils doivent compenser en achetant leur électricité sur les marchés de gros, à 47 euros le MHW. Par effet domino : la hausse est inévitablement répercutée sur leurs clients, et donc, sur les factures.

Une hausse globalement estimée entre 2 et 5% pour les particuliers. C’est cette hausse que les professionnels appellent « l’écrêtement d’ARENH ».

Et ce n’est pas tout : les tarifs réglementés de vente proposés par EDF vont eux aussi augmenter. Pourquoi ? Parce qu’ils sont justement calculés pour permettre aux fournisseurs alternatifs de rester compétitifs, et de pouvoir afficher des tarifs inférieurs à l’opérateur historique.

Tous ces coûts supplémentaires seront donc supportés par les fournisseurs et viendront nécessairement se répercuter sur la facture du consommateur final, particulier ou professionnel.

En fonction de votre niveau de consommation, vous accuserez une hausse de 2 à 5%.

4- Législation : des mesures sont-elles prises pour éviter l’augmentation des prix ?

 

C’est seulement la deuxième année que le dépassement du plafond de l’ARENH se produit, les pouvoirs publics ont bien conscience que ce ne sera certainement pas la dernière. Au contraire, le problème risque de se reproduire chaque année désormais, et il risque même de prendre de l’ampleur. Plus les fournisseurs alternatifs gagneront du terrain et des parts de marché, plus ils auront besoin d’électricité, plus ils en commanderont à EDF. La limite fixée à 100 TWh risque vite de sembler bien basse. Le gouvernement a rapidement pris la mesure du problème, et la loi énergie-climat, adoptée récemment a prévu de relever le plafond de l’ARENH à 150 TWh. Tout semblait s’arranger… Mais c’était sans compter sur Bruxelles ! La Commission Européenne n’a pas donné son accord pour que la France gère de cette façon l’ouverture de son marché de l’énergie à la concurrence. Et l’accord n’est pas pour demain : « L’exercice de cette option fait l’objet de discussions avec la Commission européenne, mais qui ne pourront aboutir à court terme », a précisé la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. Résultat : les tarifs de l’électricité pourraient souffrir plusieurs années de suite d’une remontée des cours sur les marchés de gros.

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